La cession d’un fonds de commerce entraîne le paiement de droits d’enregistrement calculés sur le prix déclaré de cession augmenté, le cas échéant, de certains éléments rattachés (dettes reprises, stock, matériel vendu avec le fonds). Ce guide pratique 2026-2027 explique l’assiette, le barème indicatif, le mode de calcul pas à pas, les formalités, qui supporte la charge et les exonérations possibles. Il indique aussi les pièces à rassembler et les précautions à prendre.
Assiette des droits
L’assiette correspond au prix effectivement payé pour l’acquisition du fonds, auquel s’ajoutent les éléments qui forment l’opération : stock cédé, valeur des contrats transférés, reprise éventuelle de dettes liées au fonds. Il est essentiel de détailler ces éléments dans l’acte de cession, car l’administration fiscale peut redresser l’assiette si des éléments financiers ou matériels ont été omis.
Barème indicatif 2026-2027
Pour la période 2026-2027, le barème indicatif applicable (se référer au BOFiP et au Code général des impôts pour confirmation) s’organise par tranches :
- Jusqu’à 23 000 € : exonération possible selon conditions documentaires.
- De 23 001 € à 107 000 € : 3 % sur la tranche.
- Au-delà de 107 000 € : 5 % sur la part excédant 107 000 €.
- Plancher légal : montant minimum perçu par l’administration 25 € (minimum de perception).
Calcul pas à pas
- Vérifier et additionner tous les éléments transmis (prix, stocks, matériel inclus, reprise de dettes).
- Appliquer le barème par tranches : calculer la part relevant de chaque tranche et appliquer le taux correspondant.
- Ajouter le montant minimum si nécessaire et prévoir frais annexes (frais d’annonce légale, honoraires, éventuelle TVA sur certaines prestations).
Exemples chiffrés
Exemple 1 — Prix déclaré 20 000 € : si l’assiette est 20 000 € et que les conditions d’exonération sur la première tranche sont remplies, l’administration peut considérer l’opération exonérée. Dans la pratique, un droit minimum de perception de 25 € peut être exigé, auquel s’ajoutent les frais de publicité et les honoraires.
Exemple 2 — Prix déclaré 150 000 € :
- Tranche 1 (jusqu’à 23 000 €) : exonérée éventuellement.
- Tranche 2 (23 001 à 107 000 €) : base = 107 000 − 23 000 = 84 000 €, droits = 84 000 × 3 % = 2 520 €.
- Tranche 3 (au-delà de 107 000 €) : base = 150 000 − 107 000 = 43 000 €, droits = 43 000 × 5 % = 2 150 €.
- Total droits = 2 520 + 2 150 = 4 670 € (hors frais annexes).
Exemple 3 — Prix déclaré 400 000 € :
- Tranche 2 : 84 000 × 3 % = 2 520 €.
- Tranche 3 : (400 000 − 107 000) = 293 000 × 5 % = 14 650 €.
- Total droits = 2 520 + 14 650 = 17 170 € (hors autres frais).
Formalités et délais
La déclaration et le paiement des droits se font auprès du service des impôts des entreprises compétent dans le délai légal suivant la signature de l’acte. L’acte de cession doit être rédigé avec précision : description du fonds, ventilation des éléments cédés, prix affecté à chaque élément s’il y a lieu. En cas de doute, joindre des annexes justificatives pour limiter le risque de redressement.
Qui supporte la charge ?
La loi indique le redevable des droits, mais la pratique contractuelle peut prévoir que le cessionnaire prend en charge le paiement. Il est fréquent d’inscrire dans l’acte : « droits d’enregistrement à la charge du cessionnaire ». Sans clause expresse, la responsabilité peut être discutée en cas de litige : conserver les quittances et preuves de paiement est essentiel.
Exonérations et abattements
Des exonérations existent selon la nature de la cession, la zone géographique (zones de revitalisation rurale, zones franches urbaines sous conditions), ou pour certaines cessions intrafamiliales. Ces dispositifs nécessitent des justificatifs (attestations de zone, preuves de lien familial, etc.). Avant de conclure, vérifier les conditions précises dans le BOFiP et avec votre notaire ou expert-comptable.
Frais annexes et points pratiques
- Prévoir les frais d’annonce légale, les honoraires du notaire ou de l’avocat, les commissions d’intermédiaire.
- La TVA peut s’appliquer sur certaines prestations liées à la cession (conseil, expertise).
- Conserver un dossier complet : acte de cession, états détaillés des stocks, factures, quittances de paiement des droits.
- Consulter le BOFiP et le Code général des impôts à jour pour sécuriser l’opération et éviter un redressement ultérieur.
Checklist pour la préparation de la cession
- Rédiger l’acte avec ventilation précise des éléments cédés.
- Calculer l’assiette en listant stocks, matériel, clientèle, dettes reprises.
- Appliquer le barème tranche par tranche et prévoir les frais annexes.
- Vérifier les éventuelles exonérations et rassembler les justificatifs.
- Déposer la déclaration et payer les droits dans les délais auprès du service des impôts des entreprises.
- Conserver tous les justificatifs et quittances.
Pour sécuriser votre cession, faites valider le calcul par un expert-comptable ou un notaire et consultez le BOFiP/CGI actualisé 2026-2027. Ces professionnels vous aideront à optimiser la répartition des charges et à constituer un dossier opposable en cas de contrôle.





