Le rachat des jours de RTT (réduction du temps de travail) est une option fréquemment proposée par les employeurs pour rémunérer des jours non pris. En 2024, la méthode de calcul reste simple mais doit être appliquée avec rigueur : vérifier l’accord collectif, respecter la convention individuelle et déclarer correctement les sommes versées. Cet article détaille la formule de calcul, la conversion en net, le coût employeur, les obligations formelles, et les cas d’exonération possibles afin d’éviter les surprises administratives ou fiscales.
Formule générale et choix du salaire journalier de référence
La formule usuelle pour le calcul du montant brut d’un rachat de RTT est la suivante :
Montant brut = Salaire journalier de référence × Nombre de jours rachetés × (1 + Majoration)
Le salaire journalier de référence peut être déterminé de deux façons selon les accords : soit par la division du salaire mensuel par le nombre de jours ouvrés du mois, soit par la méthode conventionnelle prévue par la convention collective. En l’absence de règle spécifique, la pratique consiste à utiliser le salaire mensuel divisé par le nombre de jours ouvrés (généralement 20 à 22 selon le mois).
Exemple chiffré
Pour un salarié au salaire mensuel brut de 3 000 €, avec 21 jours ouvrés sur le mois et une majoration conventionnelle de 25 % :
- Salaire journalier de référence = 3 000 € / 21 = 142,86 €
- Montant brut pour 1 jour = 142,86 € × 1 × 1,25 = 178,57 €
Conversion du montant brut en net et coût employeur
La transformation du brut en net dépend des cotisations sociales salariales applicables au salarié (taux variables selon statut, année et éléments de rémunération). À titre indicatif, on peut estimer les charges salariales autour de 20–23 % sur une part de rémunération courante, mais il faut se référer aux taux applicables dans l’entreprise.
Estimation pour l’exemple :
- Montant net approximatif = 178,57 € − 22 % ≈ 139,14 €
- Coût employeur = 178,57 € + charges patronales (estimées ici à 42 %) ≈ 253,88 €
Ces chiffres sont indicatifs : les charges patronales peuvent être différentes selon la taille de l’entreprise, les exonérations applicables et la nature de la rémunération. Il est recommandé d’utiliser le paramétrage paie de l’entreprise ou un simulateur officiel pour obtenir un montant précis.
Cadre légal et conditions d’éligibilité
Le rachat des RTT doit respecter le cadre fixé par le Code du travail et les accords collectifs. Plusieurs points sont à vérifier :
- Existence d’une disposition collective autorisant le rachat ou d’un accord d’entreprise.
- Si aucune disposition collective n’existe, possibilité de le proposer au cas par cas via une convention individuelle rédigée et acceptée par le salarié.
- Consultation des instances représentatives du personnel (CSE) si nécessaire, selon la nature de la mise en place.
- Respect des règles de durée du travail et garantissant que le rachat ne conduit pas à une violation des temps de repos obligatoires.
Formalités administratives et déclaration DSN
Toute somme versée en contrepartie d’un rachat doit être correctement déclarée en DSN (déclaration sociale nominative). Il convient d’identifier la nature de l’indemnité dans la DSN (rappel, prime, élément exceptionnel, etc.) et de suivre les codes et rubriques recommandés par la documentation DSLa traçabilité du calcul, l’accord du salarié et l’information des représentants du personnel doivent figurer dans le dossier RH.
Exonérations fiscales et sociales, plafonds et risques de redressement
Selon les dispositifs en vigueur et la qualification de la somme, certaines exonérations sociales ou fiscales peuvent s’appliquer sous conditions et dans des limites fixées par textes. Les exonérations partielles sont souvent conditionnées à un plafond annuel ou à des motifs particuliers (heures supplémentaires, primes exceptionnelles, etc.). Pour le rachat de RTT, il n’existe pas d’exonération automatique universelle : il faut vérifier la réglementation fiscale et les bulletins officiels récents.
En l’absence de sécurisation juridique, l’administration peut requalifier une somme ou réclamer des cotisations, d’où l’importance de documenter l’accord et d’appliquer correctement la règle de calcul prévue par l’entreprise ou la convention collective.
Checklist pratique pour les RH avant versement
- Vérifier accord collectif ou autorisation individuelle écrite.
- Calculer le salaire journalier selon la règle retenue et appliquer la majoration prévue.
- Simuler brut → net et coût employeur avec les taux de cotisations en vigueur.
- Rédiger et archiver la convention/accord et l’accord écrit du salarié.
- Déclarer le versement en DSN avec le libellé et le code appropriés.
- Informer les représentants du personnel si requis et conserver les justificatifs.
Le rachat des RTT peut être un outil utile pour gérer le temps de travail et les attentes des salariés, mais il exige transparence et rigueur. Appliquez la formule simple de calcul, adaptez les taux de charges à votre contexte, documentez les accords et effectuez la déclaration DSN correcte pour limiter les risques de redressement. Si nécessaire, consultez un juriste spécialisé en droit du travail ou votre éditeur de paie pour valider les modalités et les paramètres de calcul.





